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Rencontre avec une traductrice pour les classes de CAP

Par FRANCINE PERRIER, publié le mardi 28 février 2023 11:55 - Mis à jour le jeudi 2 mars 2023 10:25

Rencontre avec  Lydia WALERYSZAK, traductrice le jeudi 23 février

Dans le cadre du dispositif « Jeunes en librairie », les élèves de 1 CAP ont tout d’abord rencontré la libraire de « Lettres Libres », la librairie de Bonneville le jeudi 26 janvier. Après avoir travaillé sur les étapes de la chaîne du livre, les élèves ont écouté Sophie Wilhelm leur expliquer son métier, ses études, son quotidien. Ils lui ont posé des questions sur les livres qu’elle vendait le plus, sur son salaire, sur une journée type. Elle leur a également présenté la plateforme « chez mon libraire ». La rencontre s’est très bien passée et les élèves se sont montrés enthousiastes à l’idée de venir prochainement dans cette librairie locale et que pourtant peu d’entre eux connaissaient.

La deuxième étape du dispositif "Jeunes en librairie" consistait en la rencontre d'un autre acteur de la chaîne du livre. C'est Lydia Waleryszak, traductrice que nos élèves de CAP ont pu rencontrer :

Lydia Waleryszak a commencé par la lecture d’un texte original en polonais puis de sa traduction en français, les élèves ont eu en avant première cette traduction qu’elle venait juste de terminer pour un livre qui sera publié en mai.

Elle leur a ensuite expliqué ce qu’est le métier de traducteur, en leur précisant que plus de la moitié des livres qui sortent en librairie sont des traductions.

«  Vous lisez des Mangas ? Et bien sans les traducteurs vous ne pourriez pas les lire, à moins de parler japonais ».

Elle a traduit 64 livres ( 10 pour adultes et 54 jeunesse), dont le premier roman de la saga qui a servit à créer la série « The Witcher », intitulé « Le sang des elfes » en 2008.

Elle explique ses origines polonaises, ses parents lui parlaient polonais et chaque été elle se rendait dans sa famille en Pologne ce qui lui a permis de baigner dans ce bain linguistique. Elle rêvait d’ouvrir une pâtisserie en Pologne. Entre temps elle a passé une licence pour approfondir sa connaissance des langues slaves puis s’est passionnée pour la traduction. Elle a continué ses études jusqu’au doctorat et a fait sa thèse sur la traductologie.

Elle évoque ensuite son quotidien : elle travaille tout le temps seule chez elle. Cela représente une grande liberté. Elle se met d’accord avec son éditeur sur un laps de temps puis s’organise comme elle veut. Cela fait 16 ans qu’elle pratique ce métier.

 Elle présente un album qu’elle a traduit intitulé « Cartes », qui présente chaque pays avec sa flore, sa faune, ses spécialités culinaires, ses personnages…

Un élève fait remarquer qu’il existe maintenant des logiciels de traduction automatique sur Internet.

Lydia Waleryszak explique qu’effectivement l’I.A. (Intelligence Artificielle) va faire évoluer le métier de traducteur. La traduction par I.A fonctionne très bien avec les notices par exemple et certaines maisons d’éditions utilisent déjà l’I.A. et ne demandent à leurs traducteurs qu’une relecture. Mais le robot n’aura jamais la même âme par rapport à un traducteur qui va aussi transmettre des émotions.

Un élève lui demande si ce métier rapporte beaucoup d’argent. Lydia Waleryszak lui explique qu’elle est payée en fonction du nombre de signes (lettres, ponctuations, espaces…), sachant qu’en passant du polonais au français, le nombre de signes augmente de 17 %. Pour un livre par exemple elle a gagné 20000€, mais étant donné qu’elle a passé plus d’un an à l’écrire, cela ne fait pas beaucoup par mois. Quand le livre est vendu, le traducteur touche un certain pourcentage sur le prix de vente (environ 1%), mais seulement si les bénéfices de la vente commencent à dépasser l’avoir déjà touché, ce qui arrive très rarement.

Elle montre aux élèves ses outils de travail (Word, Pdf, InDesign) et explique qu’on traduit toujours de la langue étrangère vers la langue maternelle.

Elle propose ensuite aux élèves un atelier : « être traducteur d’un jour »

Elle explique que certaines expressions sont compliquées à traduire, par exemple l’expression polonaise « je ne rentre pas dans le temps » sera traduit en français par « je suis débordé », ou « je suis dans la forêt » par « je suis en retard ».

Dans une BD il va falloir traduire les textes, les cartouches et les onomatopées.

Un traducteur est aussi un auteur car par moment il faut réécrire tout en gardant l’esprit. Par exemple un jeu de mot sur « raketa » qui veut dire à la fois raquette et fusée en polonais, sera traduit par « il sait transformer les balles en véritables fusées », un élève a été fier de trouver cette traduction.

Après avoir traduit des onomatopées et participé à un quiz sur les faux amis, les élèves de CAP ont terminé cette rencontre en dégustant des caramels que Lydia Waleryszak leur avait rapporté de Pologne.

Ils sont ressortis enchantés de ce moment d'échange autour du métier de traductrice que pour la plupart ils ne connaissaient pas.